Le pays a légalisé le cannabis à des fins médicales et industrielles dans le but d’intégrer cette économie informelle de longue date.
Rabat – Le Maroc a approuvé des licences pour 67 produits à base de cannabis, marquant ainsi l’une des étapes les plus importantes dans les efforts du pays pour construire un marché juridique réglementé.
Les articles nouvellement autorisés comprennent 26 produits cosmétiques et 41 compléments alimentaires, tous officiellement enregistrés auprès de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, a rapporté la plateforme d’information Marijuana Herald.
Ces approbations interviennent alors que l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis a intensifié ses efforts pour superviser le secteur. Selon les responsables, l’agence a déjà effectué plus de 2 200 inspections pour s’assurer que les entreprises respectent les lois nationales et les normes de qualité.
Les agriculteurs ont planté 4 400 hectares de la variété traditionnelle « beldiya » cette saison, ce qui représente plus de trois fois la superficie cultivée l’année dernière, selon les rapports.
Il a ajouté que le gouvernement espère que cette mesure soutiendra les économies rurales dans les régions productrices de cannabis, où des milliers de familles dépendent de la plante.
Grâce à ce passage d’un marché informel à un système réglementé, les responsables visent à améliorer les revenus des agriculteurs tout en attirant les investissements et en générant de nouvelles recettes fiscales.
La décision du Maroc de légaliser le cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles a été prise en 2021 après de longs débats. En mars de la même année, le gouvernement a approuvé un projet de loi et, en mai, le Parlement a voté la légalisation de la plante pour des usages spécifiques.
Un deuxième vote parlementaire en juin a confirmé la législation, qui est devenue la loi 13-21. L’usage récréatif du cannabis reste interdit, mais la loi a établi un nouveau cadre pour la culture contrôlée et la création d’une agence nationale de réglementation.
La réforme a été particulièrement importante au Maroc, car le pays est depuis longtemps l’un des principaux producteurs mondiaux de résine de cannabis, bien que la culture soit illégale depuis des décennies.
Le cannabis a été officiellement interdit après l’indépendance du Maroc en 1956 et davantage limité par une interdiction totale en 1974. Pourtant, la culture reste très répandue, en particulier dans la région du Rif, au nord du pays, où de nombreuses familles rurales en dépendent comme principale source de revenus.
Les premières zones de culture légale ont été désignées dans les provinces du nord, telles que Al Hoceima, Chefchaouen et Taounate. Depuis lors, la production n’a cessé d’augmenter sous la supervision officielle.